Nous voilà repartis, Stevie Wonder à fond, 3 têtes qui bougent en rythme à l’avant, le désert et la route droite sont toujours là.
Pas l’ombre d’un kangourou à l’horizon, par contre nous pouvons facilement étudier les rapaces du coin qui viennent se disputer les cadavres de bétail sur le bord de la route.
Quand soudain :
- « ça y’est c’est Uluru ! »
- « Bah non c’est pas possible sur la carte Uluru c’est dans 200km ».
- « La vache on le voit de loin…»
- « Nan mais c’est PAS Uluru c’est le Mont Connor !».
2ème gros rocher : ça y’est c’est le bon, l’emblème de l’Outback, le suprême, le majestueux Uluru, nom aborigène de l’ex Ayers Rock.
Après avoir vu Uluru on s’est dit qu’on avait bien fait de consacrer du temps à Kings Canyon...
Bon c’est un peu dur comme jugement, mais on fait tout un pataquès de ce gros machin sacré et quand on arrive on ne ressent pas grand-chose. C’est beau de loin, de près c’est plutôt un repère à touristes qui prennent des photos alors qu’on n’a pas le droit et qui montent sur le rocher alors que les aborigènes sont contre. En plus tout le monde dit que c’est le plus gros monolithe du monde. Et bien C’EST FAUX. Le plus gros se trouve certes en Australie mais dans le Western Australia. Enfin bref, on n’a pas fait nos touristes de base et ne sommes pas passer par la case sunset parking et sunrise parking. Par contre nous sommes passés par la case Yalara Resort, seule possibilité d’hébergement à des kilomètres à la ronde, qui fait tout en 1 : camping, hôtels, bungalows, Resort de luxe. En tout cas c’est très bien organisé et le Resort vit de façon autonome : station de police, essence, supermarchés et tutti quanti.
Seul point positif de notre visite à Uluru : comme c’est un site sacré nous avons interdit à Olivier de chanter et de faire des blagues foireuses. Ça a marché.
Le lendemain nous nous retrouvons à Alice Springs pour prendre la direction du climat tropical du Nord parce que y’en à marre de prendre sa douche par -15 degrés. Entre les courses, l’essence et le gonflage des pneus, nous partons vers midi. Notre timing n’est encore pas dément.
Pensée du jour : nous ne sommes pas encore sur la route de Darwin et nous avons déjà fait 1500km. Fichtre !
Nous nous rendons compte amusés que la route principale (la highway) qui relie le sud au nord de l’Australie est à peine plus grande qu’une route nationale chez nous. Toujours pas de kangourous. On nous aurait menti ?
Aujourd’hui c’est le 14 juillet. Nous avons donc chanté la Marseillaise, de tous nos poumons, tous les 3 à l’avant de Guerraart. Qu’est-ce qu’on s’amuse. Juste après nous avons traversé le Tropique du Capricorne et pris fièrement une photo devant le panneau l’indiquant.
La route est assez monotone et y’a pas grand-chose à faire… Nous sommes sauvés : y ‘a une ferme de mangues sur la route. En attendant le mot divin, Olivier le malade-mental-de-la-mangue fait un virage à 90 degré pour rejoindre la ferme. Après avoir mangé une délicieuse glace à la mangue faite maison nous repartons en nous fixant notre prochain objectif sur la route : Wycliffe Well, le patelin des ovnis.
Alors voilà, l’Australie c’est un peu ça aussi, tu te tapes 200 bornes sans voir l’ombre d’une mouche puis tout à coup sur le bord de la route se dresse une roadhouse qui te propose l’essence, le general store, un petit resto, un endroit pour camper et qui mise tout sur le mauvais goût pour attirer le regard. (Des fois que tu passerais devant les seules chiottes depuis 200km sans t’arrêter). Donc pour appâter le client, les propriétaires des roadhouse rivalisent d’idées les plus saugrenues les unes que les autres. Wycliffe c’est le pompon : Wycliffe c’est une roadhouse-sanctuaire des ovnis. Parait-il que les petits hommes verts ont été vus à plusieurs reprises dans le coin. Les murs du bar sont tapissés de coupures de journaux du genre « Enlevés par un OVNI ! », photos à l’appui. Au milieu de tout ça, un espèce de lit chinois de mauvais goût sur lequel trône king kong entouré de 2 aliens…
Vraiment n’importe quoi… ils fument quoi dans l’Outback… ?
Moment magique : les Devil’s Marble en fin de journée. Après plus de 550 bornes, eh oui quand même…, nous voilà arrivés à Tennant Creek. « On mange quoi ? », « Bah des pâtes, puisqu’hier c’était riz… », « Ah oui c’est vrai ».

